dav

« La vidéo de Longuè Longuè n’est que la face visible de l’iceberg. Aujourd’hui, nous nous arrêtons sur cette torture qu’il a subit, parce qu’elle a révélé la face cachée d’un système tortionnaire et hideux qui dehumanise l’homme », a déclaré l’ex prisonnier et militant controversé du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun au micro de Cameroon Press.

Salomon Béas, juriste de formation et de métier, qui est l’un des multiples militants très engagés du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), arrêtés et emprisonné en 2020, a décidé de parler à la presse un an après sa sortie de la prison de New Bell à Douala, où il a passé 3 années de sa vie. Il avait été arrêté fin 2020 lors d’une marche (pacifique) de revendication, avec plusieurs autres militants du MRC qui avait alors initié ladite marche.

Au cours d’une conférence de presse donnée au Siège du Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (Redhac), par une plate-forme d’avocats bénévoles, laquelle plate-forme vise à défendre continuellement les droits de l’homme, Salomon Béas à saisi l’occasion pour parler à la Presse, de l’expérience vécue fin 2020 à la PJ de Douala à Bonanjo.

Les confessions de Salomon Béas

« Aujourd’hui, nous nous arrêtons seulement sur la torture de Longuè Longuè, parce qu’elle a révélé la face cachée d’un système tortionnaire et hideux qui dehumanise l’homme. Mais la torture physique n’est pas la seule qui existe. Nous avons la torture morale et psychologique, nous avons aujourd’hui plusieurs personnes qui sont réduites au silence, parce le système dans lequel nous somme qui est tellement violent, réduit les victimes au silence total.

Pour mon cas particulier. Le 22 Septembre 2020, j’ai marché pour dénoncer la guerre dans le NOSO, les malversations financières dont est victime notre système de gouvernance aujourd’hui, et la mal gouvernance globalement.

J’ai été arrêtés par une esquade de près de 18 force  de l’Ordre. J’ai été gazé, plaqué au sol, piétiné, botté, traîné comme un animal, porté et jeté derrière un pick-up. L’on m’a conduit à la police judiciaire ou j’ai été jeté au sol, comme un vulgaire animal de forêt. Quelque minutes plus tard, j’ai été rejoint par d’autres marcheurs arrêtés, qui subissaient le même sort. Nous avons été parqués dans une cellule que l’on appelle à la PJ  « le Kosovo  ». »

Le Kosovo

« Nous ne pouvons pas admettre qu’en 2024, que nous puissions encore avoir un espace, à l’intérieur des locaux de la police judiciaire, semblable à l’espace ou on gardait Kounta Kinte, ou à lors Nelson Mandela à l’époque de l’apartheid.

Le Kosovo est une salle dans les locaux de la police judiciaire de Douala, qui est complètement fermé. Privé d’air, un milieu anaérobique noir sans lumière, ou les murs sont totalement délabrés, un sol exposé à de l’humidité, ou les cafards et les rats se discutent l’espace, un espaces exegu qui fait moins de 8m² ou nous étions déportés le 22 Septembre 2022, pratiquement au nombre de 165.

Quand vous vous imaginez à l’intérieur du Kosovo, privé d’air, privé de visibilité, déshumanisé, traîné au sol, dans la souillure totale ou les urines et les sel vous sont exposés, c’est à dire que vous les gens du Kosovo, vous baignez dans vos urines et vos sels, vous dormez à même le sol, les femmes et les hommes. Les femmes qui dans leur période de de menstruation qui se font les menstrues sur elle même. C’est dans ces conditions que nous avons fait sept jours à la Police Judiciaire de Douala, pour après être jeté à la prison centrale de Douala.

À un moment donné, vous priez qu’on vous sorte de là, pas forcément pour la liberté, mais pour un Android un peu plus vivable, c’est pour ça qu’arrive à la. Prison central de Douala, nous avons beaucoup été satisfaits, au vu des conditions de garde à vue, qui nous avaient été servi au Kosovo à la Police Judiciaire de Douala. »

Réaction 

« Je pense que l’heure est venue, pour que toutes les victimes puissent délier les langues, que chacun puisse avoir le courage de dire haut et fort, les souffrances que le corps et l’esprit ont subit. Durant les périodes d’incarcération et de garde à vue, qui ont été diligenté par les forces de maintien de l’ordre et les officiers de la Police Judiciaire du Cameroun.

L’initiative du Redhac est une initiative salutaire, et je pense que toutes les autres organisations doivent emboîter le pas à l’initiative du Redhac, parce que c’est dans la communion des forces, que nous pourrons vaincre ce système tortionnaire, qui est actuellement en train de dehumaniser les camerounais, alors que le Cameroun a ratifié la charte de la torture, les traitements inhumains et dégradans, et la constitution camerounaise et même le code pénale ont intégré dans notre corpus juridique, les dispositions légales qui repriment ce type d’activités, auquelles se livrent aujourd’hui certains des agents de nos forces de l’ordre et et de nos membres du Gouvernement. Et dons, je suis tout à fait en harmonie avec l’initiative du Redhac, et je suis porté aujourd’hui comme étant un témoin auculaire, qui va ce joindre à la procédure de Longuè Longuè, pour que jaillisse la lumière, pour que ce type d’action puisse être éradiquer dans notre champ camerounais. »

Billy Kolla

https://cameroonpress.com/wp-content/uploads/2025/03/WhatsApp-Image-2022-06-02-at-17.31.04.jpeg

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici