Au Salon de la Nutrition, organisé à l’Hôpital Laquintinie de Douala, l’endocrino-pédiatre et enseignante-chercheuse a alerté sur les habitudes alimentaires des enfants, notamment la consommation de biscuits, de caramels et d’autres produits riches en sucre. Elle appelle à un meilleur contrôle des aliments vendus dans les établissements scolaires et à une alimentation adaptée aux besoins nutritionnels des plus jeunes.
Les habitudes alimentaires acquises dès l’enfance peuvent peser durablement sur la santé. Au Cameroun, la présence de produits fortement sucrés dans l’environnement scolaire constitue un sujet de préoccupation pour la prévention du surpoids et des maladies chroniques. C’est l’un des points soulevés par le Pr Susanne Sap, endocrino-pédiatre et enseignante-chercheuse, lors de son intervention au deuxième jour du Salon de la Nutrition, le samedi 17 octobre 2026, à l’Hôpital Laquintinie de Douala.
La spécialiste a particulièrement attiré l’attention sur les aliments proposés aux élèves pendant les récréations. « Si vous vous intéressez à ce qu’il y a dans les écoles, vous allez voir des sachets de biscuits, caramel », observe-t-elle dans son intervention. Elle cite notamment un produit qu’elle décrit comme contenant jusqu’à 50 % de sucre, pour illustrer les excès auxquels les enfants peuvent être exposés au quotidien.
Pour le Pr Susanne Sap, ces produits ne sont pas adaptés aux besoins nutritionnels des enfants lorsqu’ils occupent une place excessive dans leur alimentation. Leur consommation régulière, associée au manque d’activité physique, peut favoriser une prise de poids excessive et contribuer à l’apparition de troubles métaboliques.
Les vendeuses scolaires également concernées
Face à cette situation, l’endocrino-pédiatre estime qu’une attention particulière doit être accordée aux aliments commercialisés dans les établissements scolaires. Elle appelle à mieux encadrer les produits proposés aux élèves et à encourager la vente de nourritures plus adaptées à leur santé.
Cette responsabilité ne concerne pas uniquement les parents. Les responsables des établissements, les vendeuses installées aux abords des écoles et les autorités compétentes ont également un rôle à jouer dans la création d’un environnement alimentaire plus favorable aux enfants. La spécialiste recommande par ailleurs de privilégier les fruits et une alimentation équilibrée. La prévention passe aussi par la pratique régulière d’une activité physique, indispensable au développement des enfants et à la limitation des risques liés à la sédentarité.
Des besoins nutritionnels qui varient selon l’état de santé
Au cours de son exposé, le Pr Susanne Sap a également abordé la question des besoins alimentaires des enfants atteints de certaines maladies chroniques. Ceux-ci peuvent différer de ceux des enfants du même âge en bonne santé, en fonction de la pathologie, de son évolution et des besoins propres à chaque patient.
Dans certaines situations, la maladie peut entraîner une augmentation des besoins énergétiques ou rendre l’alimentation plus difficile. Il devient alors nécessaire d’adapter les apports nutritionnels et, parfois, de répartir l’alimentation sur plusieurs prises au cours de la journée.
La spécialiste évoque ainsi la possibilité d’augmenter la fréquence des repas, au-delà du rythme habituel de trois repas quotidiens, lorsque l’état de l’enfant le justifie. L’objectif est de lui permettre de couvrir ses besoins sans que la quantité consommée à chaque repas ne devienne un obstacle. Cette adaptation doit toutefois être individualisée, car les besoins varient selon la maladie et l’état nutritionnel. Le suivi médical et nutritionnel demeure essentiel pour déterminer les apports appropriés.
Prévenir plutôt que subir les conséquences
Les recommandations formulées lors de cette intervention mettent en évidence deux enjeux complémentaires : améliorer la qualité de l’alimentation des enfants en bonne santé et adapter la prise en charge nutritionnelle de ceux qui vivent avec une maladie chronique.
Au-delà des choix opérés à la maison, l’environnement scolaire apparaît comme un espace important de prévention. Le contrôle des aliments vendus aux élèves, la disponibilité de fruits et d’autres produits nutritifs, ainsi que la promotion de l’activité physique peuvent contribuer à de meilleures habitudes alimentaires.
Pour le Pr Susanne Sap, la nutrition ne doit donc pas être considérée comme une simple question de satiété. Elle constitue un élément de prévention et de prise en charge, dont l’efficacité dépend aussi de la capacité des familles, des écoles et des professionnels de santé à agir ensemble. Cette problématique a été abordée dans le cadre du Salon de la Nutrition, tenu du 16 au 18 octobre 2026 à l’Hôpital Laquintinie de Douala, autour du thème général : « De la petite fille à la femme active : l’alimentation au cœur de la santé hormonale ».





















