“80% des informations sur le Cameroun viennent des médias étrangers”. Selon Audrey Ngako, la plupart des journalistes, environ ¾, ont pour sources d’informations, des médias étrangers, relayant un narratif Déjà conçu. La journaliste a également déclaré lors de son exposé le 02 mai dernier à Douala, que les médias camerounais ont la responsabilité de s’approprier le récit du pays, au détriment des récits importés. “les intérêts de mon pays doivent être supérieurs”, a-t-elle déclaré.
En partenariat avec The Okwelians, le SPIC Littoral a organisé le 02 mai dernier, un atelier de formation dans le but de renforcer les capacités des professionnels des médias à produire et diffuser une information de qualité, souveraine et responsable, dans des contextes de médiation et de crise. L’événement faisait partie d’une suite d’activités relatives à la 33 édition de la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse. À cet atelier de formation à Douala, Diane Audrey Ngako et Dr Faty-Myriam Mandou, ont fait un état des lieux, et les enjeux pour l’Afrique, de la souveraineté narrative dans les récits médiatiques,avec une accent sur le traitement de l’information en période de médiation.
Entre devoir syndical et obligation patriotique
D’après le Président régional du SPIC, les professionnels des médias africains évoluent dans un environnement marqué par une triple contrainte: la précarité structurelle des conditions d’exercice; la pression croissante des acteurs politiques et économiques sur les rédactions; et la domination persistante des cadres narratifs extérieurs, qui façonnent la perception de l’Afrique à l’échelle internationale.
“Dans ce contexte, la notion de souveraineté narrative s’impose comme un enjeu de premier plan. Elle renvoie à la capacité des acteurs africains journalistes, institutions, société civile à produire, maîtriser et diffuser leurs propres récits sur leurs réalités économiques, sociales et politiques, en s’affranchissant des biais systémiques des grandes agences d’information internationales”, a fait savoir Didier Ndengue.

Ce que les médias étrangers imposent à nos rédactions
“En effet, la souveraineté narrative est le droit et la capacité d’un groupe, notamment les peuples autochtones, de contrôler, définir et diffuser ses propres récits, histoires et images, s’affranchissant des représentations extérieures. C’est un acte de décolonisation de l’imaginaire, permettant de contrer les stéréotypes et de maîtriser sa propre identité”.
Courant cette journée d’atelier qui a réuni une trentaine de journalistes et des professionnels de la Communication, la question de souveraineté narrative qui était à l’ordre du jour, a été abordée sous l’angle médiatique. À travers le 4ème pouvoir qu’est la presse, la souveraineté occidentale en Afrique perdure du fait que les médias camerounais ne s’approprient pas le récit. La Journaliste et publicitaire Diane Audrey Ngako, explique que de plus en plus, des rédactions camerounaises reprennent des papiers publiés par des médias occidentaux, sans tenir compte des choix des mots par ces rédactions, maintenant la compréhension du lecteur dans une perception quasi erronée de son pays.

“Ce que je veux que les gens comprennent, c’est qu’aujourd’hui en tant que journaliste, on peut décider de qui donne l’information, notamment quand on parle d’agence de presse internationale”. D’après Audrey Ngako, l’angle des informations qui viennent de ses agences de presse internationales ont déjà été traité, et les termes ont déjà été définis. “Est ce que ces termes correspondent à nos reçus propres ? Sinon, qu’est ce qu’on dit ? Comment le dit-on afin que nos récits soient propres et non importés des stratégies d’autre pays?”.
Aujourd’hui en Afrique, le journaliste doit reprendre sa place d’acteur clé dans la société civile, et être le 4ème pouvoir dans le monde entier. “lorsque le journaliste camerounais relaie des informations sans se demander si le terme utilisé est en faveur de son pays ou de son continent, à qui sert la cause quand ce sujet devient un fait d’actualité?” L’ex pensionnaire à Le Monde et Le Temps pense que le journaliste camerounais doit reprendre la souveraineté sur son discours, sur son travail, qui va abreuver les camerounais, et enrichir la souveraineté du récit sur l’état du Cameroun.
Un Syndicat plus engagé, plus réaliste, et plus travailleur
« On avance ensemble, on trouve ensemble, et on résout ensemble », c’est ce qu’il en était ressorti de l’assemblée générale élective du SPIC Littoral l’an dernier. Un syndicat attaché aux valeurs et règles originelles du journalisme et de la communication, selon les dernières chartes et conventions internationales. Pour le bon déroulement du Syndicat et des professions qui motivent son existence dans la région, plusieurs journalistes très connus du landernau médiatique sont à la tête de cette organisation syndicale dans le Littoral.
















