Cet homme est sur un piédestal d’où il ne descendra jamais. L’enseignant de rang magistral ne sait que professer. Il n’a jamais été que le Maître après lequel ont couru étudiants, thésards, enseignants et parents… Le contraire lui est insupportable. Il n’a jamais su aller à la rencontre de l’autre. C’est celui-ci qui a besoin de lui. Pas le contraire. Il est l’homme providentiel.

Puisque certains provoquent et insistent … Soit, je prends le risque mortel d’écrire quelques lignes sur le meeting de Maurice Kamto du 31 mai dernier Place de la République à Paris. Passons sur l’événement en lui-même parce que je n’y étais pas. Il ne faut pas tenter le diable. J’ignore ce qu’il serait advenu cette après-midi-là, si j’y avais croisé un des «lanceurs d’alerte» que je poursuis en diffamation devant la justice.

D’autant qu’ils y étaient accueillis en héros… Je passe aussi sur la programmation (un jour de finale de la Ligue des Champions) ! Ce ne sont pas mes affaires. Bref, je me contenterai donc de commenter les images, le discours et ce que la scénographie nous apprend sur la personnalité du président du MRC. Je laisse à ses admirateurs, forts nombreux, le soin d’agiter l’encensoir. Je m’en tiendrai donc à ce que j’ai à redire.

Première remarque :

Au lieu d’improviser, l’orateur de la Place de la République aurait dû écrire son discours. Il n’y a aucune honte à lire un texte, notamment sur prompteur. Qui ne se souvient des discours (sur prompteur) de Barack Obama, admirablement ciselés par sa plume David Plouffe ?

Le discours écrit n’interdit pas de sortir du texte et de digresser. Le problème, quand on est un «Pape» nimbé d’une présomption d’infaillibilité, c’est de croire qu’on peut tout improviser sans risque de laisser échapper le mot de trop ou la phrase de travers.

Évoquer le bilan macabre des 50 manifestants sénégalais morts lors d’émeutes en soutien à Ousmane Sonko, est une maladresse. Après, il ne faudra pas se plaindre. Ce serait de bonne guerre qu’un adversaire politique sorte la phrase de son contexte pour prêter au président du MRC l’intention d’appeler à l’insurrection.

Tant il devient récurrent que lui-même prête des verges pour se faire battre. J’en conclus que l’épisode du «Concours Bulu» n’a rien appris à l’enseignant révéré. D’ailleurs, peut-il encore apprendre ? J’entend d’ici ses partisans hurler. Qui sommes-nous pour écorner les talents d’un tribun rompu depuis 40 ans à l’exercice de discourir devant des milliers d’étudiants en amphithéâtre ?

Deuxième remarque 

S’adressant à la foule, un autre intervenant (Pr Abah Oyono) a déclaré qu’ «En tant que membre de la société civile j’ai refusé de laisser mon ventre dicter ma pensée». Il va falloir questionner cette obsession des idiotismes gastronomiques dans le langage politique camerounais. Ces locutions sont presqu’aussi usitées que les métaphores sexuelles (prenez les allusions récentes d’un certain Ekanga sur les prétendues orgies homosexuelles d’un ministre), le tout enrobé d’insultes scatologiques.

Lui aussi professeur (mais pas agrégé), Abah Oyono sous-entend que ceux des universitaires qui n’ont pas rejoint le MRC ont, eux, écouté leur ventre. Il faut croire que cet excellent juriste n’est pas encore mûr pour la politique.

En conclusion

Ces deux morceaux choisis nous renseignent davantage sur l’ADN du «Prof». Cet homme est sur un piédestal d’où il ne descendra jamais. L’enseignant de rang magistral ne sait que professer. Il n’a jamais été que le Maître après lequel ont couru étudiants, thésards, enseignants et parents… Le contraire lui est insupportable. Il n’a jamais su aller à la rencontre de l’autre. C’est celui-ci qui a besoin de lui. Pas le contraire. Il est l’homme providentiel.

Le gouvernement a eu besoin de lui. C’est pourquoi on l’a nommé à la Commission de Bakassi. S’il est entré dans ledit gouvernement, c’est bien parce qu’on avait besoin de son expertise. S’il échoue à obtenir un mandat à la Cour internationale de Justice (CIJ), c’est bien parce que, souverain et dédaigneux, il écrase de mépris son rival.

La CIJ avait besoin de lui et pas de ce juriste « de quartier » Somalien, qui fut finalement choisi. Peu importe, le Peuple a besoin de lui. S’il n’est pas parvenu à prendre le pouvoir en 2018, c’est de la faute de ce peuple incapable. C’est d’ailleurs pourquoi, Place de la République, il lui indique l’exemple sénégalais (et le prix à payer) pour l’installer, lui, au pouvoir.

Il y a bien d’autres choses à dire mais bon, je n’y étais. Je ne suis qu’un « journaliste de quartier”

Georges Dougueli 

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