« Administrations en charge des questions de Biodiversité, de la planification et du développement, collectivités territoriales décentralisées, mettons nous ensemble pour rendre à la nature, ses droits et ses priorités, pour anticiper sur les catastrophes écologiques et humaines », a déclaré le Ministre des Forêts et de la Faune à Douala vendredi dernier. Pour cette journée, Jules Doret Ndongo et toutes les autorités locales ont planté une centaine d’arbres sur la berge-Est du Fleuve Wouri.

Sous le thème Forêts et Aliments, l’édition 2025 de la Journée Internationale des Forêts a été célébrée à Douala le 21 Mars denier, au cours d’une cérémonie présidée par le Ministre camerounais des Forêts et le la Faune. C’était également en présence des autorités administratives, municipales et traditionnelles ainsi que des organismes internationaux dont le FAO, représenté par M. Toko Gérard.

Dans son allocution, le ministre Jules Doret Ndongo a fait savoir que le choix est porté sur la ville de Douala pour la célébration de cette Journée des Forêts, “parce que la capitale économique du Cameroun, est l’une des localité les plus exposées aux changements climatiques”. L’événement a eu lieu à la place du Ngondo en marge du fleuve Wouri, un territoire de 10ha offert par Paul Biya, pour les manifestations de l’événement culturel et cultuel Sawa, communément appelé Ngondo, situé sur la Berge-Est du fleuve, zone de Mangroves.

Le décor de cette célébration aux allures d’une foire, avec des stands des entreprises et organisations qui ont pris faits et cause pour la protection de la nature, étaient entretenu par un cérémonial militaire, exécuté par la garde forestière du Cameroun. Le Ministre Jules Doret Ndongo qui présidait la fête foraine, précisé dans son discours, que la journée internationale des Forêts, est l’occasion de célébrer la Forêt dans sa diversité, et de mettre en lumière les enjeux et défis auxquels elle est confronté. “C’est un moment de réflexion sur l’importance de la forêt, de l’arbre, et un moyen pour sensibiliser sur la multifonctionnalité des forêts”, a-t-il précisé.

Un déboisement au Cameroun sant précédent 

D’après le ministre sus-cité, « Une photographie aérienne sur la zone aéroportuaire, montre un paysage de désolation, de la forêt de Bois des Singes, jusqu’à l’embouchure du Wouri. Il explique que cette situation a pour conséquence, l’exposition de la ville aux inondations, aux vents violents du fait entre autres, de la disparition de la mangrove. Or, ces écosystèmes sont des atouts écologiques et des barrières protectrices de notre cité ».

Le Cameroun qui a ratifié la convention de l’ONU sur les zones humides, se doit de veiller à la restauration de ces zones écologiques car, il y va de la sécurité des populations du Cameroun. Ce devoir incombe à l’état, mais il incombe aussi aux autorités territoriales décentralisées, aux communautés et même aux particuliers. Les différents discours terminés, l’exemple à suivre a été donné par le ministre, qui a planté le premier de la centaine de Mangroves désormais plantés sur le site susmentionné.

Extrait du discours du représentant du Fond des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Toko Gérard. 

Le thème de cette année, « Forêts et aliments », nous rappelle que la FAO est investie de la haute mission d’assurer la sécurité alimentaire des populations chaque jour, partout dans le monde. Selon le rapport sur l’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde, environ 730 millions de personnes ont souffert de la faim en 2023. Au Cameroun, selon le Cadre Harmonisé (mars à mai 2024), environ 10% de la population, soit un peu plus de 2,5 millions de personnes, sont en insécurité alimentaire et nutritionnelle aiguë.

Face à cette situation, les forêts constituent un atout majeur pour renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle. En effet, elles procurent nourriture, substances médicinales et moyens de subsistance à plus de 5 milliards de personnes, qui s’alimentent, se soignent et assurent leur subsistance grâce aux forêts et aux produits forestiers non ligneux. Les forêts offrent une variété de produits alimentaires tels que fruits, fruits à coque, graines, racines, tubercules, feuilles, champignons, miel, gibier et insectes, qui sont riches en nutriments essentiels.

Les forêts sont également cruciales pour l’agriculture. Elles fournissent des abris aux pollinisateurs, maintiennent les sols en bonne santé, retiennent l’eau, offrent de la nourriture et de l’ombre aux animaux d’élevage, régulent les températures, protègent les cultures contre le vent et favorisent les précipitations. Le gibier, abondant dans les forêts, constitue une source essentielle de protéines et de micronutriments pour les peuples autochtones et les communautés rurales.

En enrichissant les sols, en fournissant de l’eau potable et en participant à l’équilibre du climat, la foret soutient l’agriculture qui nourrit l’humanité. Les forêts sont les supermarchés de la nature

C’est également l’occasion de magnifier le rôle important que joue les femmes dans ce sous-secteur. Les initiatives telles que celles menées dans les Forêts Modèles de Dja et Mpomo et de Campo Ma’an ont permis à des groupes de femmes de produire et commercialiser des produits forestiers non ligneux comme les champignons, le miel, les huiles et les cosmétiques à base de plantes tropicales. Ces efforts renforcent leur indépendance économique tout en contribuant à la gestion durable des ressources naturelles.

Au Cameroun, la FAO soutient plusieurs initiatives importantes du gouvernement, notamment:

La Révision et la mise en œuvre du plan national de développement des produits forestiers non ligneux avec une assistance technique pour la collecte de données statistiques et le développement de documents de projet.

La Gestion durable de la faune sauvage dans vingt villages riverains de la réserve du Dja, avec une sensibilisation des communautés à la préservation de la viande de brousse et l’identification d’activités alternatives à la chasse du gibier.

L’Identification des sites de conservation de la biodiversité et de carbone dans la révision des plans d’aménagement des forêts communales.

L’Élimination de la déforestation dans la filière cacao en garantissant un revenu minimum vital aux producteurs.

La Restauration des écosystèmes des mangroves avec une Stratégie nationale de gestion durable des mangroves et autres écosystèmes côtiers à l’horizon 2025.

La Restauration de 5000 ha de terres dégradées pour améliorer la fertilité des sols et la production agricole.

La protection de notre alimentation et de nos conditions de vie passe par une gestion judicieuse des forêts. Il faut prendre soin des forêts pour nourrir l’humanité. Il s’agit d’une bataille commune et inclusive qui nous interpelle tous. La FAO réitère son engagement sans relâche à œuvrer auprès de l’État du Cameroun pour renforcer la contribution du secteur forestier à la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations.

Billy Kolla 

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