Le 06 Novembre 2025, le président Paul Biya a prêté serment pour un nouveau mandat à la tête du Cameroun. Un moment solennel et symbolique, mais qui a surtout marqué les esprits par le discours adressé aux jeunes et aux femmes, deux forces essentielles de la nation.
Un discours porteur d’espoir
Dans son allocution, le président a réaffirmé que la jeunesse et les femmes sont la force vive du Cameroun, promettant des mesures concrètes pour les soutenir dans l’éducation, l’entrepreneuriat et l’autonomisation. « Les jeunes et les femmes seront au centre de notre action pour le développement de la nation. » Ces paroles ont éveillé un sentiment d’espoir chez une partie de la population, notamment parmi les jeunes longtemps désabusés. Pour certains, ces mots représentent un signe que l’État souhaite enfin valoriser leur énergie et leurs initiatives.
Entre scepticisme et attente
Le discours présidentiel de ce novembre 2025 a suscité des réactions contrastées au sein de la jeunesse camerounaise. Si certains saluent une volonté renouvelée d’impliquer les jeunes dans la construction nationale, d’autres estiment qu’il s’agit d’un énième discours sans suite concrète.
Narcisse, jeune enseignant vacataire et étudiant en fin de cycle, exprime un avis tranché.
“Déjà pour ma part, le discours du président, c’est du réchauffé. Depuis 2018, il parle du développement de la jeunesse et de la femme, mais sur le terrain, rien ne change vraiment. Que du verbiage”, a déclaré le Vacataire. Poursuivant ses propos, Narcisse ajoute que le Président a parlé de l’entrepreneuriat jeune, pourtant les jeunes qui ont bénéficié des subventions agricoles, par exemple, sont presque inexistants. “En 2022, les écoles normales d’enseignement technologique et général ont arrêté l’intégration directe : que devient le flux important de cette jeunesse diplômée ?” s’est-il interrogé. “La fuite de cerveaux qui s’évite aujourd’hui est justement due à l’inertie du gouvernement dans son processus d’occupation et de prise en charge des jeunes et de la femme !”, a conclu le vacataire.
Un constat qui rejoint celui de plusieurs observateurs. Dans un article publié par Cameroon Tribune (11 novembre 2025), il est rappelé que « des millions de jeunes Camerounais, en zones rurales comme urbaines, continuent de faire face au chômage », soulignant que les mots seuls ne suffisent plus. Malgré ce scepticisme, beaucoup espèrent encore des actions concrètes, visibles et durables, capables de transformer les promesses en résultats tangibles pour la jeunesse camerounaise.
Vers un passage à l’action
Suite au discours de Paul Biya, plusieurs initiatives se dessinent. À l’université de Douala, une réunion du département de communication a été organisée pour réfléchir à la mise en place de programmes et chaînes éducatives valorisant les talents des jeunes. Dans certaines communes, comme Douala II, des programmes de formation professionnelle sont prévus pour aider les jeunes à créer leur emploi, tandis que les associations féminines multiplient les initiatives pour soutenir l’autonomisation économique des femmes.
L’espérance comme moteur
Le discours de Paul Biya ouvre un nouveau chapitre, entre promesses et attentes. Les jeunes et les femmes du Cameroun veulent plus que des mots, ils veulent être acteurs du changement et partenaires du développement. Si le scepticisme demeure, l’espoir reste, car il est la force qui pousse une génération à croire à un avenir meilleur et à se battre pour le réaliser.
Davina KIYECK


















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