Dans le but de faciliter la communication entre les parents et les enfants qui souffrent d’un déficit auditif, les formations ont été assurées par des enseignants du Centre d’Alphabétisation Fonctionnel pour Déficients Auditifs (CAFDA), à la fois membres de l’association l’OEIL ET LA MAIN. C’est environ 25 parents qui ont bénéficié de l’apprentissage des gestes à pratiquer face à un sourd, ou un malentendant afin de lui passer le message.
Une vingtaine de parents ayant des enfants sourds et malentendants ont été formés en langue des signes ce Samedi 22 Février 2025 à Douala. L’évènement est organisé par l’association l’œil et la main et l’école des sourds CAFDA, et financé par la Banque Mondiale. D’après Dimitri FOKOU, éducateur spécialisée en langage des signes, l’éducation des enfants sourds et malentendants serait plus facile avec la participation des parents. Pour se faire, il faut que lesdits parents arrivent à communiquer facilement avec leurs enfants. L’événement a été présidée par Mme Mfegeu Foe Marie, cadre à la délégation départementale du Minas pour le Wouri, en sa qualité de représentante du délégué.

« Lorsque nous encadrons les enfants, à la maison, les parents on des difficultés à communiquer avec eux. La communication n’est pas suffisante. Raison pour laquelle nous avons pensé à initier cet évènement afin de former les parents en langue des signes, afin qu’ils aient de la faciliter à échanger avec leurs enfants. Du coup, ça va faciliter à nous les enseignants, notre travail à l’école car le parent est le premier éducateur de l’enfant. Nous ne pouvons pas bien encadrer les enfants sans la participation des parents », a déclaré Dimitri Fokou, principal formateur. Il est également fondateur du CAFDA école pour enfants sourds, et Coordonnateur de l’association l’ŒIL ET LA MAIN.
« Nous avions des difficultés à communiquer avec nos enfants malentendants à la maison, c’est ce qui nous emmène à apprendre la langue des signes. J’ai déjà appris l’alphabet française, j’ai appris à compter, et à transmettre certains mots de base à l’enfant. Désormais, j’aurais moins de difficultés à communiquer avec lui », a déclaré Florence Makamte, mère d’un enfant malentendant qui fréquente la CAFDA depuis deux ans.

Quant à Mme Hortense, le programme est arrivé à point nommé. « Au sortir de cette formation, j’aurais appris beaucoup de choses, ce que nous dérangeait à la maison avec les enfants sera surmonté. Nous avons appris à citer l’alphabet de A à Z, et nous avons appris comment donner notre nom en langue des signes, qui se font avec la main et les bras, en faisant des gestes » a-t-elle déclaré à Cameroon Press.

Outre la maitrise de l’alphabet des signes LSF dont un cas pratique sur la présentation et l’identification dans la communauté des sourds, la vingtaine de parents participants à cette formation a eu droit, pour la bonne communication avec leurs enfants, à des formations sur la maitrise des chiffres, avec un cas pratique sur la lecture des nombres de 1 à 100.000 et plus, et également une formation pratique sur le 07 Jours de la semaine, les 12 mois de l’année et les expressions du temps.
C’est en marge du projet d’insertion socioprofessionnel des jeunes déficients auditifs de la commune de Douala 3ème que cet atelier de formation en langue des signes a été organisé à l’attention des parents. D’après le comité d’organisation, les ateliers se tiennent sur trois jours, les 15 et 22 Février, et le 1er Mars date de fin. L’étape de la formation en langue des signes s’est tenue du Codas Caritas de Douala, dans le 3ème arrondissement de la ville, non loin di collège Saint Michel. Le projet est financé par la banque mondiale dans le cadre du programme de développement des villes inclusives et résilientes PDVID, en partenariat avec le MINHDU sous le contrôle financier de l’ONG Plan Cameroun.
Comment savoir qu’un enfant est sourd ? : Il ne tourne pas la tête en présence d’une voix ou d’un bruit, Ne s’amuse pas avec la musique, Ne reproduit pas les mots simples comme ‘’maman’’, Ne localise pas la provenance d’un son hors de son champ de vision, N’entend pas lorsqu’on lui parle dans le dos ou dans une autre pièce.
Comment interpeller une personne sourde ? : Faire des mouvements de la main, Taper doucement sur l’épaule, Les vibrations : faire vibrer la table ou le sol (plancher).
Les quatre règles d’or pour communiquer avec un sourd muet, présentées par Dimitri Fokou
Bien se placer
Assurez-vous que la personne vous regarde avant de parler.
Parlez-lui en face et veillez à ne pas tourner la tête au fil de la conversation.
Rendez votre bouche libre (pas de chewing-gum, stylo, cigarette). De même, ne placez pas vos mains devant votre bouche. Si vous portez la barbe ou une moustache enveloppante, accentuez l’articulation.
Parlez à voix égale et naturelle tout en articulant bien (sans précipitation et sans hacher les phrases). Ce n’est pas forcément utile de prononcer plus doucement, c’est l’articulation qui compte.
N’hésitez pas à accompagner vos paroles de mimiques et de gestes expressifs. Mains, visage, gestes : tout votre corps parle, la personne sourde ne jugera pas votre mime hésitant.
Regardez-la lorsque vous parlez, si c’est possible, même si vous vous adressez à un public plus large.
Avant de poursuivre la conversation, assurez-vous que la personne sourde a bien compris.
Si la personne sourde vous parle, accorder lui votre attention.
Soyons courtois
Ne soyez pas surpris par la voix inhabituelle ou les intonations des personnes sourdes; ne faites pas une mimique dégoûtée, c’est décourageant. Concentrez-vous plutôt pour comprendre ce qu’elles ont à vous dire.
Attachez de l’importance à leurs paroles car le ton n’est pas toujours en rapport. Ne soyez pas étonnés qu’elles fassent du bruit, elles ne s’en rendent pas forcément compte de ce qu’elles génèrent.
Evitez surtout de rire lorsqu’une personne sourde prend un mot pour un autre. Vous risquez d’accentuer le sentiment d’isolement et de rejet dont souffrent certaines personnes sourdes. Ne comprenant pas ce qui se dit, elles peuvent avoir l’impression que l’on se moque d’elles.
Soyez patient et ne vous énervez pas si la personne sourde vous demande de répéter. Ne criez pas car crier donne des mimiques faciales proches de celles de l’énervement et de l’agacement. Cela peut la mettre mal à l’aise et elle va vraiment se sentir en trop et va dire qu’elle a compris même si ce n’est pas le cas.
Si un mot prononcé vous échappe, demandez une explication. Ne dites pas systématiquement que vous avez tout compris si vous n’avez rien compris car c’est vexant, d’autant plus si l’on vous pose une question et que vous répondez à côté…
Il est nécessaire de vérifier régulièrement la compréhension mutuelle des messages, afin d’éviter tout malentendu dû à une interprétation erronée.
Evitez de « marmonner » pour vous-même en présence d’une personne sourde car elle fera de gros efforts inutiles pour vous entendre.
Varier les outils de communication
Si la personne sourde a des difficultés pour vous comprendre, réorganisez votre phrase en utilisant des synonymes plus simples.
N’hésitez jamais à prendre un papier et un crayon si la communication verbale est difficile.
Si le cœur vous en dit, apprenez la LS. Proposez également à vos collègues, frères, amis.
Pour les réunions ou pour une meilleure communication, vous pouvez faire appel à un interprète en langue des signes.
Sachez qu’il ne faut jamais obliger, forcer une personne sourde à oraliser, c’est-à-dire à s’exprimer par la parole. Cela peut être perçu comme un refus de sa spécificité et de son mode de communication.
Billy Kolla

















