Le conseil régional du Littoral a tenu sa première session 2025 dans son propre bâtiment nouvellement construit à Bonanjo dans le 1er arrondissement de la ville. Cette session spéciale s’est ouverte ce jour à Douala, à travers une cérémonie présidée par l’Honorable Polycarpe Banlog, président du Conseil Régional. C’était en présence du Gouverneur du Littoral qui présentait son rapport spécial sur le fonctionnement des services déconcentrés, et de 61 Conseillers de la Région, dans la salle de délibération dudit Conseil.
Rapport spécial du Gouverneur de la Région du Littoral sur le fonctionnement des services déconcentrés de l’Etat dans la Région du Littoral
La coordination des activités des Services de l’Etat dans la Région, de même que le suivi du fonctionnement des Collectivités Territoriales Décentralisées au cours de l’exercice 2024 vont constituer les axes majeurs de mon intervention, tel que prescrit par la loi.
Aussi, au cours de la période de référence, la Région du Littoral a observé une croissance économique soutenue, bien que marquée par des défis de tous ordres, liés à la conjoncture locale, voire nationale et internationale. Malgré ce dynamisme, l’économie de la Région est restée fortement dépendante de quelques secteurs clés, à savoir, le commerce et l’industrie, l’agriculture et la pêche, les infrastructures et les BTP.
A ce titre, les activités industrielles et agricoles, tout comme le développement des infrastructures, ont montré des signes de résilience en 2024, la Région ayant notamment fait face à des défis liés à la faible compétitivité des entreprises locales, due en grande partie au déficit de fourniture en énergie électrique.
Au titre des grands projets, ceux qui ont fait l’objet d’une attention particulière de notre part ont porté sur :
la réhabilitation de la voie d’accès à MBANGA-PONGO ; l’exécution des travaux d’aménagement en pavés autobloquant de la rue BRAZZA dans la vallée de La Besseke ; l’achèvement des travaux de construction de 20 immeubles de 370 logements sur les sites de MBANGA-BAKOKO à DOUALA; l’aménagement en pavés autobloquant du tronçon de route Carrefour Abattoir – Carrefour Ndobo – Bonendale – Bonaberie à Douala ; les travaux de réhabilitation de la voirie revêtue dans la ville d’Edéa ; l’extension du Port Autonome de Douala ; la construction de la route Douala – Bonépouba – Yabassi ; la réhabilitation de la Nationale n° 5.
Ces différents chantiers, ces différents projets, qui ont vocation à changer l’image de notre Région, ont véritablement progressé, en dépit des défis certains qui existent, subsistent, et même persistent, notamment en termes de financement et de management des projets.
Sur un tout autre registre, celui des finances, la Région du Littoral a bénéficié, au titre de l’exercice 2024, d’une enveloppe budgétaire de 24 863 599 199 FCFA, soit 14 483 630 010 F CFA pour l’investissement et 10 375 969 189 F CFA pour le fonctionnement.
S’agissant de l’investissement, le suivi de l’exécution des projets de la Région permet de préciser que sur les 598 projets recensés en 2024, 503 Appels d’Offres ont été lancés, 536 contrats attribués, 510 paraphés et signés et 402 projets réceptionnés ; soit un taux d’attribution de 87,15%, pour un taux d’exécution physique à date de 90% des projets attribués.
La faible maturation des projets, les lenteurs observées dans le processus de passation des marchés, la prise en charge tardive des avances de démarrage et des décomptes, les dysfonctionnements observés au sein de certaines Commissions Internes de Passation des Marchés, les défis logistiques et climatiques, sont autant de griefs majeurs qui ont freiné l’exécution optimale des projets d’investissement dans la Région du Littoral.
Pour ce qui est des recettes, les services fiscaux de l’Etat ont, en 2024, effectué des performances notables dans le cadre du recouvrement, du contrôle, de la sécurisation et de la gestion des deniers publics. Leurs efforts, que je salue ici, ont permis d’enregistrer, au titre des recettes fiscales, une enveloppe de 76 104 451 182 FCFA, pour une progression de 8 points par rapport à l’année précédente.
Les actions de recouvrement, de contrôle et de régulation du commerce extérieur, tout comme la sécurisation des frontières commerciales, par la surveillance rigoureuse des activités de contrebande ont été les principaux défis relevés par les secteurs des Douanes en 2024 ; toute chose qui a permis d’afficher, pour ce secteur, un taux de réalisation de 94,40% par rapport aux prévisions.
Les principales activités menées par les services de l’Etat dans le domaine socio-culturel ont porté sur ce qui suit :
Au plan scolaire, la mise en œuvre des réformes dans l’enseignement primaire et secondaire a permis de réduire les disparités observées. Cependant, le secteur fait face à l’insuffisance des infrastructures scolaires et du personnel enseignant en qualité et en quantité. Toutefois, ces défis n’ont pas eu un impact significatif sur la performance aux examens officiels, notre Région restant dans le peloton de tête au niveau national.
Ainsi, au niveau de l’éducation de base, on a enregistré 93,45% de réussite au CEP et 94,38% au First School Leaving Certificate.
Pour ce qui est des enseignements secondaires, les taux de réussite ont été de 63% pour les examens relevant de la Direction des Examens, des Concours et de la Certification ; 51% pour les examens relevant de l’Office du Baccalauréat du Cameroun ; et 58% pour les examens relevant du GCE Board.
Dans le domaine de la Santé Publique, bien que des avancées notables aient été observées en 2024 dans l’amélioration des infrastructures sanitaires, des défis persistent. Ils concernent notamment la lutte contre les épidémies, la lutte contre les maladies infectieuses, l’accès aux soins de santé dans les zones rurales et périurbaines.
Pour renforcer la résilience du système de santé, les campagnes de distribution de moustiquaires imprégnées et de sensibilisation ont permis d’observer une légère diminution du nombre de cas de malaria dans certaines localités. De même, les actions de riposte menées par les autorités sanitaires ont permis de réduire considérablement la propagation du choléra. Des campagnes de sensibilisation à la santé maternelle et infantile, ainsi que la formation du personnel de santé sur les soins prénataux et la gestion des accouchements, ont permis une réduction considérable des taux de mortalité maternelle et infantile.
Sur le plan sécuritaire, les Forces dédiées ont déployé les efforts nécessaires tout au long de 2024 aux fins de venir à bout des velléités d’insécurité et maintenir le calme et la sécurité sur l’ensemble du territoire de notre Région, confrontée malgré elle, comme vous le savez, aux méfaits de la crise dite anglophone et aux agissements de quelques individus sans foi ni loi.
En tout état de cause, toutes les velléités d’insécurité ont été maîtrisées dans notre Région, du Moungo au Nkam, de la Sanaga-Maritime au Wouri, notamment le phénomène dit des « microbes » dans le Département du Wouri. Les acteurs de ce phénomène ont eu, en face, une riposte adéquate. En effet, de bonnes doses de sérums antimicrobiens leur ont été inoculées par nos Forces de Sécurité et de Maintien de l’Ordre et qui ont eu le mérite de les mettre hors de tout état de nuire.
Je dois dire ici qu’en 2024, l’ordre, la paix et la sécurité ont régné sur toute l’étendue de la Région du Littoral, et les populations ont vaqué à leurs activités en toute quiétude.
Sur le plan de la protection civile, les constructions dans l’irrespect des normes d’urbanisme et de génie civil, tout comme les incendies dans les espaces marchands et les méfaits des changements climatiques ont constitué des préoccupations réelles en 2024. Les services compétents, sous la coordination des autorités administratives, ont à chaque fois donné la riposte nécessaire.
A tout prendre, je souhaite dire, pour m’en féliciter, qu’en 2024, les services déconcentrés de l’Etat dans la Région du Littoral n’ont ménagé aucune ressource pour accomplir les missions qui sont les leurs, missions qui se sont étendues à l’accompagnement des collectivités territoriales décentralisées, tel que prescrit par la loi.
En 2024, notre mission de coordination, d’accompagnement et d’appui-conseil s’est étendue à l’ensemble des Collectivités Territoriales Décentralisées de la Région du Littoral.
S’agissant de la tenue des sessions des conseils municipaux et régionaux au titre de l’exercice 2024, un total de 88 sessions se sont tenues, dont 20 sessions des comptes, 28 sessions à mi-parcours, 15 sessions consacrées au Débat d’Orientation Budgétaire et 25 sessions budgétaires. Toutes ces sessions ont bénéficié de l’accompagnement des autorités de tutelle.
Bien plus, les actions menées dans le cadre de la promotion de la gouvernance locale ont porté essentiellement sur le suivi du plan d’apurement de la dette des CTD vis-à-vis de certains créanciers, notamment HYSACAM et CAMWATER. Pour ce qui est de la dette d’HYSACAM vis-à-vis des Communautés Urbaines de Douala et Edéa, elle s’élève, à date, à la somme de 7 578 698 437 FCFA, soit 7 310 681 984 FCFA pour la Communauté Urbaine de Douala, et 268 016 453 FCFA pour la Communauté Urbaine d’Edéa. La situation des impayés de consommation d’eau des CTD du Wouri vis-à-vis de CAMWATER a fait l’objet d’une évaluation en vue de l’élaboration d’un échéancier de paiement pour l’apurement intégral de cette dette.
Dans le cadre du suivi de la coopération décentralisée, nous avons accompagné les CTD à la signature de certaines conventions de partenariat, notamment l’accord-cadre entre la Commune d’Arrondissement de Douala III et la Commune ivoirienne de Port Bouet.
De même, la poursuite des négociations en vue de la signature de la convention relative à la police municipale entre la Communauté Urbaine de Douala et les Communes d’Arrondissement du Wouri constitue également une activité menée à ce titre. En effet, les diligences y relatives, démarrées en 2024, sont en cours de finalisation. A date, les Communes d’Arrondissement de Douala 4 et de Douala 6 ont déjà signé ladite convention de partenariat, chacune en ce qui la concerne.
Dans le même ordre d’idées, il importe de citer la signature de la convention de partenariat entre la CUD et MTN Cameroon au sujet de l’appui matériel et logistique à apporter dans le cadre de la mise en œuvre de l’opération d’immatriculation des motos-taxis, en collaboration avec les responsables syndicaux du secteur des transports. Il s’agit, de toute évidence, d’un secteur dont l’assainissement mérite toutes les attentions, pour des raisons évidentes. La Communauté Urbaine de Douala s’y attèle, avec l’accompagnement de la tutelle.
La participation à la mise en œuvre du Programme d’Appui à la Gouvernance Financière (PADGOF), en collaboration avec la GIZ, a permis de définir la stratégie de mobilisation des recettes fiscales par les CTD, ainsi que celle d’élaboration et de validation d’un outil d’auto-évaluation de la performance des CTD.
Au terme de ce processus, des feuilles de route sur les mesures de renforcement des cadres de collaboration CDI-Communes et l’implémentation du Système d’Evaluation du Personnel d’Administration Communale (SEPAC) ont été opérationnalisées. A ce titre, la formation des acteurs sur la collecte et la sécurisation des données fiscales, ainsi que l’éducation des contribuables, sont des actions envisagées à court terme, notamment à la suite de la promulgation de la loi portant fiscalité locale.
Le suivi de l’exécution des projets des CTD a permis d’enregistrer, en 2024, un taux d’exécution physique globale de 36,5% pour ce qui est des projets financés par les ressources transférées sur l’ensemble de la Région. Il s’agit là d’un taux qui ne nous honore pas. De ce taux, 86,16% représente le taux d’exécution pour le Conseil Régional, 91,45% pour les communes du Moungo, 81,39% pour les communes du Nkam, 88,5% pour les communes de la Sanaga-Maritime et 86,19% pour les communes du Wouri. Je me félicite au demeurant de la progression du Conseil Régional qui a réalisé un bond significatif en termes de taux d’exécution des projets en 2024 et j’encourage l’Exécutif à tenir la main ferme sur cette tendance positive.
En ce qui concerne les projets financés par la DGD, l’on a enregistré un taux d’exécution physique de 36,66%, soit 21,75% pour le Conseil Régional, 46,63% pour les communes du Moungo, 60,11% pour les communes du Nkam, 39,42% pour les communes de la Sanaga-Maritime et 15,43% pour les communes du Wouri.
Le suivi des services sociaux de base a permis aux Maires de la Région du Littoral de prendre part au forum sur l’état civil tenu à Yaoundé les 26 et 27 avril 2024. Au rang des résolutions prises et des solutions envisagées pour consolider le taux d’enregistrement des faits d’état civil, il a été évoqué le renforcement des capacités des acteurs de la chaîne, la création des plates-formes de dialogue et de synergie entre les acteurs, ainsi que l’identification des pistes d’actions devant permettre de corriger durablement les dysfonctionnements existant.
Faisant suite à la tenue du Forum sus-évoqué, le MINDDEVEL en collaboration avec le BUNEC a organisé, avec l’appui de l’UNICEF et de la GIZ, un atelier d’évaluation de la mise en œuvre de la campagne « My Name » et de validation de la stratégie d’enregistrement des faits d’état civil et des statistiques de l’Etat civil en situation d’urgence.
Sur un tout autre plan, le suivi des actions de planification a permis l’élaboration des plans communaux de gestion des déchets devant conduire, à terme, au recensement des CTD disposant déjà desdits plans et à la sensibilisation de celles qui n’en disposent pas encore, à l’effet d’envisager leur élaboration conséquente.
Toujours dans le cadre du suivi des actions liées à l’assainissement, un regard attentif a été porté sur les activités de mise en œuvre de l’opération « Douala clean city ». J’invite le Conseil Régional à s’impliquer activement dans cette problématique, non seulement pour la ville de Douala, vitrine de notre Région, mais aussi pour l’ensemble des villes secondaires et tertiaires de notre Région qui méritent, toutes, d’être propres, attrayantes et avenantes.
En outre, l’élaboration en 2024 du rapport socio-économique de la Région du Littoral pour la période allant de 2019 à 2023, a permis de mettre l’emphase sur les projets réalisés au cours de la période de référence. On a ainsi recensé 1756 projets financés par le BIP et la DGD, pour un montant de 45 635 744 274 FCFA (quarante-cinq milliards six-cent trente-cinq millions sept cent quarante-quatre mille deux cent soixante-quatorze FCFA). Les secteurs concernés par ces financements sont la santé, l’éducation, les infrastructures économiques et routières, ainsi que l’eau et l’énergie.
Le Gouverneur du Littoral recommande
Je voudrais revenir sur l’Assemblée Générale de l’Association des Régions du Cameroun, que notre ville a eu l’honneur d’abriter le 31 janvier dernier. L’utilité des thématiques abordées, tout comme la pertinence des échanges y consécutifs, laissent entrevoir des lendemains meilleurs en termes d’amélioration de l’offre de service, notamment dans le domaine du transport ferroviaire.
Aussi, la construction et la modernisation des infrastructures, l’utilisation des voies résiduelles existantes pour le transport urbain et interurbain, ainsi que la recherche du financement, la formation des jeunes camerounais dans les métiers du chemin de fer, du transport ferroviaire et de la mécanique des locomotives et des wagons constituent, à n’en point douter, les principaux axes de collaboration avec le concessionnaire CAMRAIL.
Je vous invite à vous pencher sérieusement sur cette opportunité certaine, pour laquelle le cadre juridique, d’ores et déjà promulgué, vous est largement favorable.
Pour ce qui est de la Chambre de Commerce, d’Industrie, des Mines et de l’Artisanat, cette structure dispose des ressources multiformes et des atouts pluriels pouvant être mis à contribution dans le cadre de l’accompagnement des Régions dans la promotion du développement régional. Je vous encourage dès lors à mener des réflexions utiles devant permettre de tirer le meilleur parti des atouts sus-évoqués aux fins de la résorption du déficit de la Région en matière de fourniture de l’énergie électrique.
C’est sur cette double invite pleine d’espoir, que je souhaite conclure mon propos dans le cadre de la présente session spéciale du Conseil Régional du Littoral au titre de l’exercice 2025.

















