À l’ouverture des travaux de la 12e session du Cameroon Business Forum, le Premier ministre Joseph Dion Ngute a réaffirmé la volonté de l’État d’améliorer le climat des affaires, de soutenir la production locale et de renforcer la compétitivité des entreprises. La mise en œuvre effective des réformes et l’accès au marché continental africain figurent parmi les principaux enjeux.
Le Cameroun entend renforcer les capacités de son secteur productif pour faire face aux mutations de l’économie mondiale et tirer parti des opportunités commerciales offertes par l’Afrique. C’est le message porté par le Premier ministre, chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute, à l’occasion de la 12e session du Cameroon Business Forum (CBF), consacrée au thème : « ZLECAf et transformation productive : quelles réformes pour faire du Cameroun un pôle industriel et commercial majeur en Afrique ? ».
Dans son intervention, le chef du gouvernement a rappelé que les efforts engagés pour consolider l’économie nationale ont été contrariés par plusieurs chocs, notamment les conséquences persistantes de la pandémie de Covid-19, les tensions sur les prix des denrées alimentaires et de l’énergie, le durcissement des conditions de financement sur les marchés internationaux ainsi que les défis sécuritaires auxquels certaines régions restent confrontées.
Malgré ces contraintes, l’économie camerounaise a fait preuve de résilience, selon le Premier ministre, qui a mis en avant les mesures prises par les pouvoirs publics pour soutenir les ménages face à la vie chère et accompagner les entreprises affectées par les crises successives. Ces efforts s’inscrivent dans les orientations de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), qui accorde une place importante à la transformation structurelle de l’économie et à la contribution du secteur privé à la croissance.
Produire localement et créer davantage de valeur ajoutée
Au cœur de la stratégie gouvernementale figure la consolidation de la politique d’import-substitution. L’objectif est de produire davantage sur le territoire national les biens consommés par les populations, de transformer localement les matières premières et de créer de la valeur ajoutée ainsi que des emplois décents, particulièrement pour les jeunes.
Le Premier ministre a évoqué les initiatives d’entreprises portées par des investisseurs nationaux et étrangers, seules ou dans le cadre de partenariats, notamment dans l’agro-industrie, la sidérurgie et la fabrication de matériaux de construction. Leurs réalisations illustrent, selon lui, les possibilités d’investissement, de production et d’exportation qu’offre le Cameroun.
Pour soutenir cette dynamique, le gouvernement entend poursuivre les efforts visant à améliorer l’environnement des affaires. La stabilité institutionnelle, la politique d’industrialisation et le développement des infrastructures routières, portuaires, hydrauliques, énergétiques et de télécommunications constituent des leviers essentiels de cette ambition.
La mise en service de nouveaux ouvrages hydroélectriques et le renforcement des capacités portuaires doivent également contribuer à améliorer les conditions de production et d’acheminement des marchandises. À ces investissements s’ajoutent le développement de la formation professionnelle, afin de rendre disponible une main-d’œuvre locale qualifiée, et la recherche de mécanismes de financement adaptés aux besoins des entreprises. Le gouvernement entend par ailleurs mobiliser les instruments d’incitation à l’investissement pour soutenir les nouveaux projets productifs et les extensions majeures dans les filières jugées stratégiques, notamment l’agro-industrie, l’énergie, l’économie numérique et la transformation locale des ressources.

La ZLECAf, un marché à conquérir
L’ouverture commerciale constitue un autre axe majeur de cette politique. Avec la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), les entreprises camerounaises peuvent accéder à un marché de plus de 1,3 milliard de consommateurs. Mais cette perspective ne se traduira en croissance que si les opérateurs disposent des moyens de produire, de transformer et de commercialiser dans des conditions compétitives.
Le Cameroun a signé l’accord instituant la ZLECAf en mars 2018, avant sa ratification en 2019. Il s’est ensuite doté d’une stratégie nationale de mise en œuvre et d’un mécanisme interministériel de suivi. La délivrance de certificats d’origine constitue également un instrument permettant aux opérateurs éligibles de bénéficier des préférences commerciales prévues dans ce cadre. Pour le Premier ministre, l’exploitation effective de ce marché exige notamment de réduire les coûts de production et de transaction, d’améliorer la logistique, de simplifier et de dématérialiser les procédures administratives, de fluidifier le passage aux frontières et de renforcer les corridors reliant les ports aux marchés régionaux et continentaux.
La qualité des produits et leur conformité aux normes sont tout aussi déterminantes. La reconnaissance du label « Made in Cameroon » dépendra notamment de la capacité des entreprises à proposer des produits répondant aux exigences des marchés et aux règles d’origine de la ZLECAf. Les petites et moyennes entreprises, les femmes et les jeunes entrepreneurs devront également bénéficier d’un meilleur accès au financement et à la formation commerciale. Le gouvernement devra, en parallèle, anticiper les risques liés à l’ouverture des marchés, notamment l’intensification de la concurrence et les conséquences du démantèlement tarifaire sur certaines filières.
À travers cette session du Cameroon Business Forum, les pouvoirs publics et le secteur privé sont ainsi appelés à transformer les engagements et les réformes annoncés en actions concrètes. L’enjeu est de renforcer les capacités productives du pays, de favoriser la création d’emplois et de donner aux entreprises camerounaises les moyens de prendre leur place dans les échanges africains.

























